Contagion : un virus à attraper

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Si vous allez au cinéma dans l’idée de vous distraire devant un film léger, joyeux et plein de bonne humeur Contagion n’est pas pour vous. En effet, avec cette production, on tape plutôt dans le morbide, l’anxiété et une pointe de nervosité. Limite si l’on ne se sent pas un peu malade aussi. Au sortir de la séance on se dit : “Merde, ça pourrait être la réalité !“. Car finalement Contagion est plus à catégoriser dans le genre docu-fiction que dans celui de thriller.

Les symptômes sont les suivants : toux pour commencer (le sujet pense alors qu’il a chopé un petit quelque chose mais rien de grave) puis la fièvre fait son apparition (l’individu pense alors avoir affaire à un état grippal) et enfin, des convulsions (s’il peut encore penser, l’individu panique à mort), avec filet de bave en bonus, et donc, pour finir, le décès (le sujet est dans l’incapacité physique de penser à quoi que ce soit).

Réalisé par Steven Soderbergh (Che Guevara, Solaris, Ocean’s Eleven,…) cette fiction d’1h46 raconte plusieurs histoires. Celle de la gestion de la crise engendrée par ce virus. Celle d’un père de famille (Matt Damon) confronté à la mort de sa femme (Gwyneth Paltrow), l’une des premières personnes atteintes, et qui tente de protéger sa fille. Enfin celle de ceux qui cherchent les origines de la bactérie et qui tentent de lui trouver un remède (Marion Cotillard, Kate Winslet).

Mais finalement, malgré ce casting cinq étoiles, le personnage principal n’est autre que le virus. On ne le quitte pas une minute du film. Il est inédit, jamais vu auparavant et un simple contact suffit à l’attraper. Autant dire que la paranoïa est au rendez-vous. Aussi, c’est un battant, il ne cesse de muter, rendant les efforts pour lui trouver un vaccin inutiles. Vous l’aurez donc compris, c’est un mal plutôt solide. Du genre à décimer potentiellement jusqu’à 1/12 de l’humanité.

Le spectre de la gestion médiocre de la grippe H1N1 de 2010 plane au dessus de Contagion. Le personnage de Jude Law, un blogueur très écouté, et ses opinions cristallisent la méfiance  que beaucoup de gens peuvent éprouver envers le pouvoir et sa communication en temps de crise. On nous ment ! se disent-ils. Ainsi que l’hypothèse que la psychose, fortement entretenue par les médias, ne sert qu’à enrichir les laboratoires pharmaceutiques. L’idée qu’avec chaque grande catastrophe, il y a des gagnants, ceux qui profitent des malheurs d’autrui.

En fin de compte, Contagion rappelle au spectateur que même si l’homme est parvenu à dompter en grande partie les aléats de son environnement, il lui arrive encore d’être vulnérable face aux forces de la nature. Le Type vous conseille d’aller voir ce film très réaliste sur une pandémie mondiale.

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