✝ NOW THIS IS GOTHIC (1/3)

dans ART ET CRÉATION


 L’esthétique Glam rock/Goth fait désormais vendre. Autrefois associés à une frange  particulière de la jeunesse anglo-saxonne de la fin des années 1970, les codes de ce  mouvement sont aujourd’hui recyclés et vulgarisés pour le grand public.

Les symboles christiques (croix arborées en boucle d’oreille, crucifix sérigraphiés sur des tee-  shirts*) fleurissent dans le prêt-à-porter, et le look Goth/punk est désormais plébiscité par certains  créateurs. Le noir est de rigueur, surtout s’il est souligné par un lipstick rouge sombre. L’attitude  glaçante ou affligée l’est aussi. La démocratisation de la Creepers, chaussure historiquement  associée à ce mouvement, en témoigne.

Que penser du recyclage des codes vestimentaires? Le style a-t’il toujours un sens?

 

 Née pendant la seconde Guerre Mondiale et rapportée à Londres par d’anciens soldats, la Creepers, d’abord devenue populaire grâce au mouvement Teddy Boy, fut ensuite adoptée par différentes sous-cultures: ska, punk, new wavers, psychobili, Goth ou encore visual kei. Chaussure emblématique de la période Post-punk de l’Angleterre des années 1970, comme plus généralement les chaussures plateforme, elle deviendra un attribut d’identification à ce mouvement. Cette esthétique goth/new wave/punk offrait une synthèse de deux sous-cultures agonisantes: l’underground et les skinheads, tout en défiant les conventions stylistiques plutôt conservatrices des milieux populaires.

 


Cette esthétique emprunte à la symbolique ésotérique du mouvement Goth, tout en y ajoutant des  détails originaux comme les colorations extravagantes, les cheveux dressés et abondamment laqués,  ainsi que le maquillage outrancier. Ces créatures nouvelles, perchées sur leurs chaussures à  plateformes, se rassemblent autour de groupes emblématiques: David Bowie reste l’une des figures  cultes de ce mouvement (notamment à travers son « incarnation » Ziggy Stardust), au même titre que les  groupes the New York Dolls, the Talking Heads, Roxie Music, The Cure ou encore Siouxsie.

 L’intérêt de ce mouvement fut d’introduire la question de l’identité sexuelle au sein du rock et de la culture juvénile, via la célébration du dandysme et l’androgynie. Ce goût du travestissement, amorcé avec le mouvement glam rock/post-punk, ne manque pas de résonnance à l’heure actuelle dans l’industrie de la mode, où l’androgynie est désormais valeur de référence. Une rétrospective sur la chanteuse Annie Lennox est d’ailleurs organisée au Victoria and Albert Museum de Londres** en ce moment.

*La marque UNIF clothing de la bloggeuse de mode Christeric réussit à associer l’univers du grunge à des références issus des mouvements Goth et de la New wave.  http://unifclothing.com/collection  //  http://christeric.com/

** Rétrospective The House of Annie Lennox. Du 15 Septembre au 26 Février. www.vam.ac.uk

 A suivre…

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