Brigitte

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dans MUSIQUE

Brigitte, c’est Aurélie et Sylvie, deux mamans, loubardes au grand cœur, d’une sensualité électrisante derrière leurs airs de pas y toucher. En vrai, chanter, la scène, tout ça, c’est pas nouveau pour elles. Elles ont trimé, sans jamais laisser tomber, elles se sont cherchées pour mieux trouver leur griffe, griffe avec laquelle elles nous ont bien eus. Mais on craint de souffrir d’un grave syndrome de Stockholm, on n’a pas vraiment envie qu’elles nous larguent après un si bon opus et un concert aussi jouissif à Barbey en mai dernier. Du coup, on a absolument voulu les rencontrer. On vous raconte ?

Brigitte

L’interview est en plein air. Ça tombe bien, il fait beau. On essaie comme on peut de ne pas montrer à quel point Brigitte nous fascine et on se retient de demander où est-ce qu’elle a acheté toutes les pièces de son look rétro.

Le Type : Qui est Brigitte ? Quelle genre de femme est-elle ?

Aurélie : Oula, ça va être très long. Vous êtes prêtes à tout écouter ?!

Sylvie : Vous avez combien d’heures devant vous ? (rires)

Aurélie : Alors..On dit que Brigitte, c’est une entité à deux têtes, c’est un duo de femmes auteurs/compositeurs/interprètes. On fait des chansons de façon très libre aux influences multiples. On n’a pas voulu se ranger dans une case, on a toujours suivi notre instinct, on a toujours fait ce qu’on avait envie de faire que ce soit dans la musique, le vocabulaire, la composition, la scénographie aussi. On s’est laissé le droit d’être décomplexé, fantaisiste et donc multiple.

Le Type : Ça tombe bien, c’est la question suivante ! On a l’impression, en écoutant l’album, que Brigitte est plusieurs femmes en une seule. Est-ce que ces femmes viennent d’une inspiration extérieure ou font-elles plutôt parties de vous ? Y’a-t-il une volonté de donner des modèles de femme ?

Sylvie : Il n’y a pas de volonté de donner un modèle en général, c’est juste une part de nous qu’on a mise dans nos chansons. C’est plusieurs facettes de nous. On peut être à la fois déprimé, euphorique, battante…Regarde, la Vengeance d’une louve par exemple, c’est une chanson « J’vais te casser la gueule » qui est assez pessimiste. On a mis dans cet album ce que nous sommes dans tout ce qu’on a de paradoxale quelquefois (rires). Mais…non il n’y a pas de volonté de dire quelque chose de précis. Tout ce qu’on voulait c’était s’éclater, faire ce qui nous plaît, fusionner des styles tout en y mettant un certain équilibre pour qu’il y ait une harmonie qui nous va à toutes les deux.

Le Type : Il y a un concert qui vous a marquées depuis que vous avez commencé ?

Aurélie : Le soir où l’on a joué au Réservoir, il y a…un an maintenant, peut-être un peu plus…On nous dit que dans la salle, il y avait Joey Starr. Il était venu nous voir parce qu’il avait entendu parler de la reprise qu’on faisait de Ma Benz. Et heu…en sortant du concert, qui au passage était génial avec une super ambiance, Joey Starr nous a prises dans ses bras, nous a remerciées et nous a dit qu’il était très honoré. Et nous, ça nous a vraiment touchées et d’autant plus honorées. Voilà. C’était un très bon moment, un moment fort pour nous.

Brigitte

Le Type : Aucune chance qu’il y ait Joey Starr ce soir ?

Aurélie : C’est pas une groupie quand même (rires). Ce serait sympa mais non, désolée, je ne crois pas qu’il soit là.

Le Type : A propos de cette reprise de Ma Benz : pourquoi avoir choisi cette chanson ? Pourquoi NTM ?

Sylvie : C’était un concours de circonstances contrairement à ce qu’on pourrait croire, on n’a pas fait cette reprise pour faire buzzer, c’était plutôt l’inverse d’ailleurs. On a joué dans un festival de film vintage érotique au Forum des images à Paris. Vous voyez le genre, un festival très arty. Et pour la clôture du festival, le programmateur nous a demandé si on voulait bien inclure dans notre set list, une chanson un peu érotique pour bien clôturer la soirée. Du coup, on a eu l’idée de faire Ma Benz parce qu’on aime les challenges et s’approprier des choses qui a priori sont loin de nous. On a donc travaillé cette chanson qu’on adore. On l’a faite, ça a plu et comme on l’avait pas mal travaillée, on a décidé de la garder sur le set. Après ça, un copain nous a dit « Moi je suis DJ, si vous voulez enregistrer cette chanson, je la passe !». On avait prévu d’aller en studio à ce moment-là et d’enregistrer deux titres. Il nous restait encore du temps alors on s’est dit « Tiens et si on enregistrait Ma Benz ?». Ça s’est fait à l’arrache, au dernier moment. Et voilà !

Le Type : Challenge réussi donc ?

Aurélie : Oui, oui. En plus c’est un hommage à un groupe qu’on aime. Le hip-hop c’est une musique qu’on écoute. Ça fait vraiment parti de nos influences. Vous verrez ce soir, notre batteur fait aussi du beatbox. Nous on aime bien insérer du vocabulaire un peu urbain au milieu de notre lexique qu’on peut trouver un peu classique et classieux.

Le Type : Vous avez pas mal de vécu dans la musique. Sylvie vous avez fait partie du groupe Vendetta et Aurélie vous avez longtemps joué en solo. Qu’est-ce que ces expériences vous ont apporté ? Vous avez des regrets ? 

Aurélie : Surtout pas. Ça nous a apporté tellement de choses ! Si on n’avait pas traîné 10 ans de musique et de galères derrière nous, on ne serait pas arrivé avec la même légèreté et cette évidence quand on écrit nos chansons. Il y a quelque chose de digéré dans nos morceaux, il y a du vécu en tant que chanteuse et en tant que femme. On a fait des enfants, des tournées, des projets qui n’ont pas forcément marché mais c’est aussi pour ça qu’on a eu envie de faire quelque chose toutes les deux, entre femmes. Avant on n’a pas mal travaillé avec des garçons et là c’est comme si on prenait la voiture et qu’on partait toutes les deux.

Sylvie (lève les bras et s’écrie) : On n’a pas besoin des mecs ! Nous aussi on sait conduire !

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Le Type : Grâce à ça, vous avez pu plus facilement imposer votre style ?

Aurélie : Pas forcément. Disons qu’on était à un stade où on n’avait plus rien à perdre. Il fallait déjà que ça nous plaise à nous. Tout ça nous a donné le courage et la force de faire ce qu’on avait envie de faire même si ça plaît à peu de personnes ben…C’est pas grave c’est la vie !

Sylvie : On a vécu une certaine insatisfaction qui a nous sculpté des épaules assez solides pour s’imposer. C’est sûr que Brigitte c’est pas le projet qu’auraient pu faire deux nanas de 20 ans.

Le Type : Si Brigitte était un homme ?

Aurélie : Il serait capitaine !

Sylvie (chante en balançant la tête) : Ah si j’étais un homme, je serais capitaine…d’un bateau oh.

Aurélie : Difficile à dire. Elle est tellement une femme, tellement Des femmes.

Mélody.T, Emeline.D & Fen.R

Crédits photos : Emeline.D

 

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