Arch Woodmann @El Chicho

dans MUSIQUE

Été 2010 : Deezer est encore ce site génial où l’on peut écouter toute la musique qu’on aime gratuitement. En une, un groupe au nom énigmatique : «Arch Woodmann, pop/folk». On ne s’attarde pas. Encore un chanteur à chemise à carreaux, qu’on va adorer, qu’on va détester puis oublier. Pas très pro tout ça. Depuis quand on juge un groupe sans lui laisser sa chance ? Ok. Mais rien qu’une écoute. Pas mal. Encore une deuxième, une troisième…Bon ok, marché conclu, on écoute Mighty Scotland tous les soirs et on galère à trouver Draped Horse Blue Licorne Argentée Feather Blue. Finalement, l’étiquette «folk» n’est pas la plus appropriée tant l’univers d’Arch Woodmann est riche. Une chanson, c’est deux à trois mondes différents dans lesquels on est immergé. Une chanson, c’est rêver qu’on rêve d’un rêve. On nous perd dans les bois. Sauf que dans cette histoire-là on n’a pas vraiment envie de retrouver notre chemin et on se demande ce que chaque recoin de forêt nous réserve. Histoire de mieux vous guider, on est allé les voir à Total Heaven en acoustique puis on les a rencontrés après leur concert au El Chicho.

Le Type : On dit d’Arch Woodmann qu’entre le premier et le second album Mighty Scotland, vous étiez sorti du bois. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Antoine (Chant/Batterie) : C’est une formulation que Thomas avez trouvé en fait mais au final on se rend compte qu’on a jamais vraiment été dans le bois. C’était plus une façon de parler pour marquer une transition. Le disque a été fait en Bretagne et en Normandie majoritairement puis on a bougé à Paris. Même si Brest est une ville on voulait surtout montrer qu’on passait à une nouvelle période, dans un autre environnement, avec de nouvelles personnes

Le Type : Vous avez un univers bien à part avec des textes assez énigmatiques, de quoi ils parlent en général ?

Antoine : Bonne question…(rire) De quoi ça parle ? Mmmh, c’est très vague en fait. On parle de relations exactement et puis…Parfois c’est un peu incohérent. Ça peut être deux phrases mises bout à bout qui ont le sens que j’ai voulu leur donner et le reste qui s’enchaine derrière. Quand on lit le truc, ça ne veut pas forcément dire quelque chose, c’est à chacun de trouver ce qu’il veut voir dans nos chansons.

Le Type : Quand vous composer, ça se passe comment ?

Antoine : Il y a quelques morceaux qui sont faits en groupe avec une base que j’ai apporté. La plupart du temps c’est comme ça qu’on procède. J’apporte une maquette que j’ai composé de mon côté et après chacun apporte son truc, on superpose des couches et voilà !

Thomas (basse) : Comme on a eu la chance de faire une résidence, on a vraiment pu composer ensemble mais en général Antoine est tout seul au début et nous on remodèle.

Jérémie : On fait de la musique sédimentaire ! (rires)

Le Type : Comment vous vous êtes rencontrés ?

Antoine : Thomas et moi ça fait 10 ans qu’on est amis. On s’est rencontré au lycée, on a eu plusieurs groupes ensemble. Jérémie, on s’est rencontré à Brest, il y a…quatre ans maintenant à l’occasion d’un tremplin qu’on avait fait avec nos groupes respectifs à l’époque. Et…Lucie, je l’ai rencontré par des amis de Normandie…Par…Myspace (rires gênés). On a eu une correspondance un peu romantique, il faut le dire…

Thomas : Tu déballe ta vie privée là ! (rire)

Antoine : Oui c’est vrai mais bon c’est comme ça et voilà quoi. Il y a une certaine magie dans ce groupe.

Le Type : Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Antoine : Enfant, j’ai demandé à ma mère de m’inscrire à des cours de guitares et j’ai plus arrêté ensuite. Mais d’où ça vient, c’est assez difficile à dire. Je sais qu’une fois j’avais entendu quelqu’un que j’admirai un peu dire à la radio qu’il faisait de la batterie et ce qu’il avait dit m’a donné envie d’en faire.

Thomas : J’ai écouté l’interview du bassiste de Pantera qui disait «Si tu veux jouer dans un groupe, il faut jouer de la basse». Parce qu’il y a des milliers de guitaristes mais très peu de bassistes.

Jérémie : Je viens d’une famille d’artistes donc c’est venu assez naturellement. Je piquai les guitares de mon grand-frère. Je pense aussi que grâce à tout ce que j’ai écouté, j’écoutais beaucoup de musique.

Lucie : Pour moi c’est simple, ma maman m’a mise petite à l’école de musique et me voilà ! Et pour les garçons, avouez que vous vouliez draguer des filles aussi !

Antoine : Il y a un peu de ça. Et aussi pour éviter quelques claques dans les cours de récré…

Jérémie : …et pouvoir arrêter le foot ! J’en avais tellement marre de cet univers. En plus j’étais pas très bon en sport.

Antoine : Éviter le sport fait partie des grandes motivations pour aller vers la musique.

Le Type : Vous avez des influences particulières ?

Lucie : Brahms, Ravel etc…(rires)

Antoine : Il y a un peu de tout ça. Il y a la musique américaine en général, la pop, la folk, le post-punk…

Jérémie : On a eu une grosse vague folk avec le projet d’Antoine, assez épuré, un duo clarinette/guitare et ça a évolué en fonction de ce qu’on écoute, de ce qu’on voit, des rencontre qu’on peut faire.

Antoine : N’oublions pas la littérature et le cinéma ! Et les arts plastiques ! (sourire moqueur) Bref, la vie en général.

Le Type : Pour finir, on aimerait savoir si c’est difficile pour un groupe comme vous de percer vue l’état de la musique aujourd’hui ?

Lucie : En ce moment, on doit faire face aux anciens groupes qui ressortent du placard comme les Beach Boys, Supertramp qui font des Zéniths.

Antoine : On n’est pas dans une bonne dynamique. On en parlait avec le programmateur de la Cartonnerie à Reims, et on se disait que pour des raisons économiques ce genre de come-back s’impose. On préfère miser sur des groupes qui ont déjà fait leurs preuves qu’à des groupes comme nous.

Jérémie : On prend plus le risque de faire des découvertes. C’est assez frustrant.

Antoine : La notion de découverte s’est déplacée vers des groupes qui ont une notoriété largement supérieure à la nôtre, plusieurs albums, des disques d’or, alors que nous qui somment encore au début du chemin, on est censé être des découvertes. Ça semble difficile de se faire une place mais on reste réaliste, on ne veut pas aller trop vite.

 

Arch Woodmann – « Mighty Scotland » – Monopsone
http://www.archwoodmann.com

Emeline.D & Fen.R

Crédits photo : © Jean-Marie Heidinger

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de MUSIQUE

Retourner là haut